Une dernière chose, car ce n'est pas vraiment le sujet et on en a déjà discuté ailleurs maintes fois et toujours avec toi, Jojo Lapin. Tu as la mémoire bien sélective ^^
Donc, très rapidement et encore une fois et dans le cadre d'une réponse au sein d'un forum, et non d'un article :
Les UFO-sceptiques postulent "simplement" que la casuistique ou le phénomène OVNI ne témoigne pas de l’existence d’un phénomène physique distinct de tous ceux déjà répertoriés par l'IFOlogie ou bien par les Sciences. Ils n'ont jamais nié l'existence d'un phénomène sociétal ou fait social important, le phénomène OVNI, et qui mérite rien déjà que pour cela une étude et d'être étudié par des disciplines déjà existantes. Pour cela, et entre autres, ils s'appuient sur les constats suivants :
1) Les ufologues pro-HET (ou partisans d'autres hypothèses fortéennes) considèrent et admettent aisément qu'il y a de 80 à ... % de cas OVNI expliqués (OVI). Il faut en tirer les enseignements que les cas expliqués imposent, et notamment (mais pas seulement) comparer les deux échantillons OVI/OVNI.
2) Or, parmi le résidu de cas inexpliqués, on trouve les mêmes caractéristiques que dans les cas expliqués (par exemple, si on s'intéresse aux nombres de témoins, couleurs, tailles, formes, effets, vitesse, distances, comportements, niveau d'étrangeté du récit, etc.)
3) Quand on a cru trouver des caractéristiques "singulières" pouvant différencier l'échantillon OVNI de l'échantillon OVI, nombreux sont ceux qui ont très vite relevé qu'il s'agissait vraisemblablement d'artefacts statistiques, ou que des variables latentes expliquaient cette "singularité". Lire en particulier la deuxième partie Quelques problèmes de méthode du livre dirigé par T. Pinvidic (OVNI vers une anthropologie d'un mythe contemporain).
4) Quand on s'intéresse cette fois-ci au seul groupe des cas résiduels, tous ces cas présentent des caractéristiques extrêmement variables. Il n'y a aucune convergence de celles-ci vers des caractéristiques propres ou singulières, sinon le statut inexpliqué. De plus, il est extrêmement gênant (mais révélateur) que la communauté ufologique pro-HET (ou pro-fortéenne) ne s'accorde pas sur la composition de ce résidu.
5) Historiquement, des cas à très haut niveau d'étrangeté a priori, à multiples témoins crédibles, résistant à toute explication... ont trouvé explication grâce au "facteur chance", celui de l'élément qui manquait jusqu'alors, et ce, très longtemps après. Et sans celui-ci et ces "coups de pouce", ils feraient encore partie du résidu. Par exemple, le cas de Fort-de-France, 1965.
6) Les thèmes, prouesses, effets physiques ou psychologiques, etc. couverts par la thématique ufologique pré-existent dans la Culture, tant dans des genres littéraires "assez récents" (la science-fiction bien sûr, mais aussi l'utopie, la théologie, la théosophie,...) que plus anciens (anthropologie des folklores, légendes, mythes).
Ces quelques points, j'en oublie sans doute énormément, mais dans le cadre d'une réponse au sein d'un forum, je pense que c'est déjà pas mal ; justifient à eux-seuls l'hypothèse selon laquelle le résidu d'inexpliqués ne relèveraient pas de phénomènes physiques ou psychologiques distincts que ceux en œuvre et déjà répertoriés dans la casuistique expliquée.
Il n'y a que le statut "inexpliqué/expliqué" qui différencierait les deux échantillons, et les raisons pour lesquelles il existe ce résidu sont, somme toute, les mêmes qui font qu'à toute casuistique (celles des crimes, des accidents de véhicules, des pannes, par exemple), il est inévitable qu'il existe des cas non-expliqués.
Les casuistiques OVNI et OVI relèveraient donc toutes deux des mêmes processus et phénomènes physiques ou psychologiques sous-jacents. Il n'y a que le statut qui les différencie, soit une simple différence de "degré" (expliqué/inexpliqué), mais non de nature sous-jacente. Jusqu'à preuve du contraire.
Cordialement,
Gilles.