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Michel Maffesoli : une nouvelle affaire Sokal ?

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DAR


Membre d'honneur
Membre d'honneur
Et Michel Maffesoli voulut réinventer la sociologie... seul contre tous

Au téléphone, Michel Maffesoli se marre quelques secondes avant de répondre à la première question. "Excusez-moi, je ne devrais pas, mais mieux vaut le prendre comme ça !" Le très médiatique et controversé sociologue s'est fait piéger. L'histoire est coquasse, ou triste.

Samedi 7 mars, Arnaud Saint-Martin, chercheur au CNRS et Manuel Quinon, sociologue en fin de thèse, révèlent avoir réussi à faire passer une fausse étude dans la revue "Sociétés", dirigée par Michel Maffesoli. L'étude en question a été signée par un auteur imaginaire, Jean-Pierre Tremblay, et relayée par le "Monde". Elle a pour objet Autolib', le service de location de voiture électrique à Paris, mais est truffée de "sottises".

Objectif de cette énormité : démontrer le peu de rigueur scientifique de la revue spécialisée et dénoncer le caractère "pseudo-scientifique" du "maffesolisme". L'homme berné rit, mais jaune. Le canular n'est pas si digéré. Il annonce d'ailleurs à "l'Obs" qu'il va "passer la main" :
Laisser passer cet article a été une erreur manifeste et grossière. Nous allons en tirer les conséquences, moi le premier en tant que directeur de cette revue dont je ne regarde pas les articles car je n'ai pas le temps et que cela ne m'intéresse pas. Il faut accepter qu'à un certain âge, on puisse faire autre chose. Je vais me retirer de la revue mais j'assume ma responsabilité, même s'il arrive à toutes les revues qu'il y ait des erreurs d'appréciation."
"Insuffisante rigueur"

La blague était de nature à faire vaciller la communauté des scientifiques, à jeter le discrédit sur la discipline, à mettre KO la revue attaquée. Mais chez les sociologues, ont a surtout beaucoup ri. Ni émoi, ni surprise. "J'ai trouvé cela assez drôle, bien fait, car c'est écrit de manière caricaturale mais plausible", estime le président de l'EHESS, Pierre-Cyrille Hautcoeur.
Mes collègues sociologues de l'EHESS ne se sont pas du tout sentis visés. Au contraire, nous avons été satisfaits de voir que la communauté scientifique était capable de séparer le bon grain de l'ivraie et de faire le ménage chez elle. Je comprends que le grand public puisse se sentir trompé. Mais dans le milieu, l'insuffisante rigueur des pratiques de Michel Maffesoli est connue."

Même son de cloche chez Baptiste Coulmont, maître de conférences à l'université Paris 8-Saint-Denis :
Ce canular est salutaire. La revue était déjà déconsidérée alors qu'elle bénéficie de subventions publiques. Michel Maffesoli se dit sociologue, l'ensemble de la communauté lui dit non !"

"Il a porté un grand tort à la sociologie"

Assurément l'hostilité à l'encontre du directeur de "Sociétés" ne date pas d'aujourd'hui. Son péché originel : avoir dirigé la thèse de la très mondaine astrologue Elizabeth Teissier. Une farce pour une bonne partie des sociologues, qui ne le lui ont jamais pardonné.

Michel Wierviorka, directeur d'étude à l'EHESS, qui travaille sur les questions de racisme, a envoyé un mail de félicitations aux auteurs du canular dès qu'il a appris la nouvelle, pour leur dire qu'il s'était "régalé" à la lecture de leur écrit, qui entrera probablement dans les annales de la parodie scientifique :
Je ne connais personne pour prendre la défense de cette revue ou de Michel Maffesoli dans cette affaire. Il a porté un grand tort à la sociologie en dirigeant la thèse d'une voyante. Rien n'est sérieux dans ce qu'il a publié. Normalement, il y a une stricte procédure dans la lecture des articles scientifiques."

Il détaille : "Un seul avis négatif, et l'énoncé doit être retoqué. On peut éventuellement faire appel à un troisième lecteur. Cela n'a pas été le cas. Il est très sain que les falsificateurs et la vacuité de certains discours soient dénoncés." A l'évidence, ces applaudissements marquent la revanche d'une communauté très remontée contre Michel Maffesoli et ses héritiers, dont les écrits "trouvent leur place sur les table "Sociologie" des libraires", ainsi que le dénoncent les auteurs du canular.
La bataille du CNU

Le fait d'avoir fait entrer l'astrologie par la grande porte chez les savants n'est pas le seul reproche adressé à Maffesoli. Cette affaire remonte à 2001. Depuis, d'autres épisodes sont venus mettre de l'huile sur le feu.

On l'a dit notamment chouchouté par le gouvernement de Nicolas Sarkozy, par Valérie Pécresse en particulier, ministre de l'Enseignement supérieur à l'époque, qui l'a nommé au conseil d'administration du CNRS et à l’Institut universitaire de France. Et en 2009, grâce à des alliances "contre nature", les "maffesoliens" ont pris l'ascendant sur la section 19 de sociologie du Conseil national des universités (CNU). Profitant, selon leurs détracteurs, d'appuis politiques.

Sachant que cette instance est le lieu où se fait et se défait la carrière des chercheurs, la crispation est à son comble. L'affaire explose quand le poste le plus prestigieux est attribué par la section 19 à... Michel Maffesoli. Démission collective. Noms d'oiseaux. Mails assassins. Les témoins de l'époque se rappellent d'un Maffesoli "odieux" et "méprisant", laissant le soin à ses lieutenants d'intervenir à sa place. Ils se souviennent aussi avoir reçu par mail un étrange texte intitulé "note sur la grippe 'cochonne'" dans lequel il se paie la tête de l'ensemble de la profession.

Pour Michel Wieviorka, la clan Maffesoli fonctionne de manière sectaire : "On est avec eux ou contre eux". Il raconte avoir accueilli des étudiants qui "fuyaient leur directeur de thèse" :
S'ils n'adhéraient pas à ses orientations, ils n'avaient pas leur place."

Est-ce que le désaccord ne vire pas aujourd'hui à la chasse aux sorcières ? Wieviorka s'en défend :
J'ai toujours veillé à ne pas mettre de l'huile sur le feu, je suis resté en relation convenable avec Michel Maffesoli longtemps, me disant qu'il avait eu avec son livre sur le tribalisme, une certaine importance intellectuelle. Mais il est allé trop loin, j'ai coupé les ponts."
"Je suis le bouc-émissaire"

Face à ce qu'il estime être une cabale contre sa personne, Michel Maffesoli se dit lassé : "Je suis retraité. Le 'maffesolisme' c'est du fantasme absolu, je n'ai aucun pouvoir !" Il dénonce une instrumentalisation :
Je suis typiquement le mauvais objet, le bouc émissaire. Et ces deux pauvres étudiants-chercheurs [les auteurs du canular] sont instrumentalisés. J'ai vu des courriels de responsables de l'Ases (Association des sociologues enseignants du supérieur) qui montrent qu'ils ont poussé cet article - une belle parodie je l'admets - pour régler des comptes."

Et d'ajouter : "On me qualifie de droite parce que je ne suis pas de gauche. Contrairement à ce qu'on dit, je n'ai jamais fait l'apologie du sarkozysme, ni de la droite, dans mon ouvrage 'Sarkologies'". Bref, pour Maffesoli,
C'est sot, faux et fallacieux de dire que j'ai été protégé par la droite. C'est un mauvais procès."

Et ses étudiants, qui se seraient plaint de lui lorsqu'il était en activité, qu'en pense-t-il ?
C'est la première fois que j'entends parler de cela. J'ai une sensibilité théorique, mais je veille, à titre personnel, à ce qu'il n'y ait pas de mouvement sectaire. J'ai toujours dit qu'il y avait du pluralisme intellectuel et des combats de méthode en sociologie."

Sur l'affaire Teissier, enfin, il justifie :
Il n'a jamais été question d'astrologie mais d'une thèse sur l'ambivalence des médias face à l'astrologie. Une bonne thèse, mais sans plus".

Le sociologue Bernard Lahire, professeur à l'ENS de Lyon, qui a fait partie d'un comité de relecture après la polémique suscité par cette thèse, affirmait pourtant à l'époque : "Le document présenté par la candidate était caractérisé par une totale absence de métier et de point de vue sociologique. Il ne s'agissait pas d'une 'mauvaise' thèse mais, à proprement parler, d'une non-thèse : l'ouvrage en question ne faisait que développer un point de vue... d'astrologue."
Des difficultés d'évaluation

Personne pour dire qu'on tire sur une ambulance. Un sociologue qui précise d'emblée ne se sentir aucune sympathie pour le courant de Michel Maffesoli, et qui souhaite garder l'anonymat, tente de fournir les clés du débat :
Le vrai enjeu vient des difficultés de l'évaluation scientifique en sociologie. La procédure de validation des énoncés ne peut être analogue à ce qui se fait en physique ou en biologie. Les collègues qui ont fait le canular se donnent un peu vite un brevet de scientificité, qui n'est pas si facile à établir dans cette discipline fragile."

Un tel canular aurait-il été possible dans une autre revue plus académique ? Certainement pas. Mais peut-être plus en raison d'une meilleure connaissance du réseau de chercheurs que d'une plus grande fiabilité dans la validation du savoir :
Si cette affaire peut avoir une quelconque utilité, ce serait en invitant toute la profession à réfléchir. Il faut certes contrôler au mieux la validité des affirmations, mais il faut aussi éviter que cela aboutisse à un discours sans aspérités, qui ne fâche personne, qui devienne creux ou 'langue de bois'."

Encore faudrait-il poursuivre le même objectif scientifique. Or Michel Maffesoli place ses collègues face à un mur, en revendiquant une sociologie... non-scientifique :
Pour moi, la sociologie n'est pas de la science, c'est une connaissance. J'ai toujours essayé de mettre en place une sociologie compréhensive, pas explicative, ni quantitative. Et c'est cela que fondamentalement on me reproche !"

Seul contre tous, il propose une redéfinition de la sociologie qui fait bien des histoires... A défaut de pouvoir faire Histoire.

Sarah Diffalah

oncle dom


DAR a écrit:Et Michel Maffesoli voulut réinventer la sociologie... seul contre tous
Ce genre de défense "Maffesolienne" me rappelle une certaine défense "Vélasc.(modération Rosetta)"...

http://oncle-dom.fr/index.htm

Rosetta


Administration
Administration
Merci DAR pour le relais. (E Teissier ne l'avait pas prévenu d'avance ?)

Sans rire, éclatante démonstration sur tout ce qui est du domaine de l'argument d'autorité, luttes d'influences, manque de rigueur, de vérifications etc. dans un monde où les critères de rigueur devraient être la quintessence même de ce qu'il produit et aussi sur la fascination qu'exerce parfois celui qui prône une idée, une "approche nouvelle" mais qui, en réalité, ne fait que tenter de briser des socles pourtant bien bâtis.


_________________
Conclusion d'un exoticien : "S'il n'y a pas de preuves c'est qu'on nous les cache". 
Question d'un sceptique : "Si les preuves sont cachées comment sais tu qu'il y en a ?"

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