UFO SCEPTICISME
Avertissement : UFO SCEPTICISME est un forum indépendant de toute association, groupe, structure, traitant du phénomène ovni.

Son administration se démarque et condamne fermement les activités prosélytes de partisans d'hypothèses exotiques non testables, non vérifiables à propos des PAN.

Avant l'inscription, merci de lire le règlement de l'hébergeur et le règlement particulier du forum. Pour cela, voir la rubrique "A lire avant de s'inscrire ou de poster".

Aucune inscription n'est plus acceptée sans l'adresse mail du fournisseur d'accès internet. Les adresses mail restent totalement confidentielles.
Les adresses mail alternatives ne donneront plus lieu à validation de l'inscription.

Pour que l'inscription soit pérenne, le nouvel inscrit doit poster au moins un message dans les 8 jours après la validation de celle-ci.

Le forum UFO SCEPTICISME privilégie la participation par rapport au nombre d'inscrits.

UFO SCEPTICISME

UFOLOGIE ET SCEPTICISME


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

UFO SCEPTICISME  » RESSOURCES SCEPTIQUES SUR LE NET » Les faux souvenirs : « le travail de ma vie »

Les faux souvenirs : « le travail de ma vie »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

NEMROD34


Modération
Modération
Les faux souvenirs : « le travail de ma vie »
Un entretien avec Elizabeth Loftus

À la suite de sa conférence sur les illusions de la mémoire, Elizabeth Loftus a répondu à des questions de Brigitte Axelrad.

Original version
B.A. Quel est le but ultime que vous voudriez atteindre par vos recherches ?

Elizabeth Loftus. Ce qui m’intéresse, c’est d’apprendre tout ce qu’il y a à savoir au sujet des faux souvenirs et comment les gens en viennent à croire en des choses qui ne sont jamais arrivées. Ceci a vraiment été le travail de ma vie. Il arrive aussi que j’applique cette connaissance scientifique à des cas réels dans lesquels les gens ont peut-être développé des faux souvenirs. Ainsi il y a un côté pratique aussi bien qu’un côté théorique.

B.A. : Que répondez-vous aux gens qui disent que ce n’est pas éthique de manipuler le cerveau des individus à des fins de recherche, même si ces manipulations concernent des évènements de la vie courante comme les comportements alimentaires ou, par exemple, prendre dans ses bras Bugs Bunny à Disneyland ?

E.L. : Toutes nos expériences passent par un processus de contrôle rigoureux qui fait partie maintenant des procédures de la plupart des universités. Nous ne voudrions jamais faire du tort à quelqu’un en connaissance de cause, et, à notre connaissance, la plupart de nos sujets d’expérience (cobayes) ont, s’ils ont ressenti quelque chose, été fascinés par le procédé (ou indifférents) – mais pas contrariés par celui-ci. Des centaines de chercheurs pendant ce siècle se sont engagés dans une recherche qui comporte soit un tout petit peu, soit même beaucoup de tromperie… et plusieurs de ces études ont donné de précieux enseignements à la psychologie et aux sciences humaines.

B.A. Selon vous, pourquoi certains psychothérapeutes implantent-ils des faux souvenirs chez leurs patients ? Sont-ils malveillants ou de bonne foi ?

E.L. : Certains thérapeutes n’ont qu’une seule théorie concernant la cause des problèmes de leurs patients. Ils croient que la racine se trouve dans des souvenirs enterrés de traumatismes de nature sexuelle. Et ils creusent pour les retrouver, ou en renforce chaque relent (« whiff »)… Ceci est une partie du problème.

B.A. : Pensez-vous que retrouver de vrais ou de faux souvenirs pourrait aider les patients à guérir ?

E.L. : J’aimerais voir la plus petite preuve scientifique crédible que déterrer des souvenirs refoulés soi-disant enterrés aide réellement les gens à aller mieux.

B.A. : Comment être sûr que ces souvenirs sont vrais ou faux ? Quels indices peuvent aider à faire la différence entre vrais et faux souvenirs ?

E.L. : Sans corroboration indépendante, vous ne pouvez pas faire la différence. Les faux souvenirs, comme les vrais peuvent comporter les mêmes détails et être exprimés avec confiance et émotion.

B.A. : Quels thérapeutes sont les plus dangereux : ceux qui sont indifférents à cette question des faux souvenirs mais qui aident leurs patients à retrouver des souvenirs, ou bien ceux qui utilisent la thérapie de la mémoire retrouvée mais prétendent que tous les souvenirs qu’eux font retrouver à leurs patients sont vrais ?

E.L. : Ce qui fait problème est de presser, même de façon insensible, les patients pour qu’ils retrouvent des souvenirs enterrés et ensuite de renforcer chaque récit de souvenir (s’il est sexuellement désagréable) comme s’il était vrai. Un autre problème est de dire aux patients qu’ils doivent le faire pour guérir de leur problème. Un autre problème encore est d’encourager les patients à agir sur la base de ces souvenirs infondés.

B.A. : Que pensez-vous de l’influence de Freud et du freudisme aussi bien que du lacanisme sur les thérapies de la mémoire retrouvée ?

E.L. : Désolée, je n’ai pas de réponse à cette question.

B.A. : Pensez-vous que le refoulement existe et si oui peut-il refouler des souvenirs d’abus sexuels dans l’enfance ?


Richard McNally Remembering Trauma
E.L. : Je pense que les gens peuvent ne pas penser à des choses depuis longtemps et en avoir des rappels. Ceci est l’oubli et le souvenir ordinaires. Mais je n’ai pas vu de preuve d’un quelconque processus qui irait au-delà.

B.A. : Selon vous, quels seraient les meilleurs arguments pour convaincre des gens (juges, avocats, médecins, journalistes, l’opinion publique) que les thérapies de la mémoire retrouvée sont inadéquates et dangereuses pour les patients et leur famille ?

E.L. : Ils devraient lire le livre de Richard McNally Remembering Trauma.

B.A. : Quand pensez-vous que le syndrome des faux souvenirs disparaîtra et quels facteurs pourraient y aider ?

E.L. : Malheureusement, d’autres “lubies” prendront probablement sa place. Nous pouvons seulement espérer qu’elles ne blesseront pas autant de personnes et de familles et ne détruiront pas autant d’existences.


http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1236


_________________
NEMROD34 S.A.R.L de démolition minutieuse de foutaises.
Siret : 123456789
Capital: 3 millions de brouzoufs
Certifié sans chat (iso 21122012).

Invité


Invité
prendre dans ses bras Bugs Bunny à Disneyland ?

Cette expérience est excellente IMHO et relatée dans notre pitit ouvrage.



Une petite manipulation “ rigolote ” d’Elisabeth Loftus, très fameuse et ingénieuse, est la suivante. Elle est édifiante à montrer comme le témoignage humain n’est pas fiable.

Comme la suggestion agit avant tout, et donc que si un témoin est “orienté” par l’intervieweur, les témoins sont de bonne foi, mais racontent “n’importe quoi”.

Des étudiants ayant tous effectué un séjour à Disneyland dans leur enfance ont été exposés à une publicité décrivant une visite dans ce parc à “ thèmes ”.

Sur la photo présentée, on pouvait voir Bugs Bunny à côté d'un enfant qui lui serrait la main.

Les participants ont ensuite été interrogés sur leurs souvenirs d'enfance.

35% de ces sujets indiquèrent se souvenir de leur rencontre avec Bugs Bunny à Disneyland et de lui avoir serré la main.

Quand ces sujets ont été invités à décrire avec précision cette rencontre, 62% se souvenaient lui avoir secoué la main et 46% de l'avoir embrassé.

Quelques personnes se rappelaient lui avoir touché les oreilles ou la queue.

Une personne s'était même souvenue qu'il tenait une carotte (quelle mémoire !).

Tout cela serait parfait sans l'existence d'un petit détail qui a son importance :

Bugs Bunny est la propriété de Warner Bros et n'a donc jamais mis ses pattes chez Disney...

La publicité était fausse et les souvenirs des participants également…

NEMROD34


Modération
Modération

Les illusions de la mémoire
Une conférence d’Elizabeth Loftus

Compte rendu par Brigitte Axelrad
Conférence donnée à l’Université Dufour, à Genève, le 1er septembre 2009.

C’est dans le cycle des conférences destinées à célébrer le 450e anniversaire de l’Université de Genève, que prenait place la conférence d’Elizabeth Loftus, « Les illusions de la mémoire ». Les Grandes Conférences du 450e ont choisi de se consacrer aux trois questions les plus graves qui se posent à l’homme :

Qui sommes-nous ? Elizabeth Loftus et la mémoire humaine (1er septembre)

Où sommes-nous ? Stephen Hawking et l’astrophysique (15 septembre)

Que sommes-nous ? Craig Venter et le génome humain (13 octobre)

Une des meilleures expertes américaines de la mémoire
Psychologue et professeur à l’Université de Californie à Irvine (UCI), auteur d’une vingtaine de livres et de plus de 400 publications scientifiques, Elizabeth Loftus est reconnue comme l’une des meilleures expertes américaines de la mémoire. Impliquant plus de 20 000 participants, ses travaux ont permis de révéler la malléabilité de la mémoire humaine. Elle a démontré par ses expériences et celle de son équipe de chercheurs que le témoignage qui s’appuie sur la vision d’évènements est souvent peu fiable, et que de faux souvenirs durables et parfois définitifs peuvent être provoqués par de simples suggestions, chez près d’un quart des individus. Elle est intervenue en tant qu’experte dans plus de 200 procès aux États-Unis.

Où il est question du premier souvenir d’enfance de Jean Piaget
Mardi 1er septembre, la conférence d’Elizabeth Loftus avait lieu dans l’auditorium Jean Piaget, à l’Université Dufour de Genève. On n’aurait pu imaginer lieu plus adéquat pour parler des illusions de la mémoire et des faux souvenirs. C’est ce que ne manqua pas de souligner Mme Annick de Ribaupierre, vice-rectrice de l’Université Dufour, en présentant Elizabeth Loftus à son auditoire. En effet, Jean Piaget, pionnier en matière de psychologie, connu pour ses travaux sur le développement de l’intelligence chez l’enfant, raconta son premier souvenir dont il ne douta pas jusqu’au jour où, à sa grande surprise, il se révéla faux. Son premier souvenir d’enfance était la tentative d’enlèvement dont il croyait avoir fait l’objet à l’âge de deux ans. Entre autres détails de l’événement, il se rappelait être assis dans son landau pendant que sa gardienne luttait contre le kidnappeur et se faisait griffer au visage, jusqu’à ce qu’un gendarme portant une courte cape se lance à la poursuite du malfaiteur, sa matraque blanche à la main. L’histoire avait été corroborée par la gardienne, la famille de Jean Piaget et d’autres personnes qui l’avaient entendue. Jean Piaget était convaincu qu’il se souvenait de l’événement, il était capable d’en donner tous les détails… alors qu’il n’avait finalement jamais eu lieu. Treize ans après la prétendue tentative d’enlèvement, la gardienne avait écrit aux parents de Jean Piaget pour avouer qu’elle avait tout inventé.

Bien plus tard, Jean Piaget écrivait : « J’ai donc dû entendre comme enfant le récit des faits auxquels mes parents croyaient, et l’ai projeté dans le passé sous la forme d’un souvenir visuel, qui est donc un souvenir de souvenir, mais faux ! Beaucoup de vrais souvenirs sont sans doute du même ordre. » En effet, beaucoup de souvenirs considérés comme fidèles ne sont souvent que des reconstructions imaginaires du passé.

Divers cas de jugements
Elizabeth Loftus évoque tout d’abord les cas de jugements concernant des personnes qui ont passé cinq à dix ans en prison, en raison d’accusations erronées fondées sur de faux souvenirs. La preuve de leur innocence a été apportée par des analyses ADN. Elle dit avoir répertorié plus de 200 cas de cette nature aux États-Unis.

Elle évoque ensuite les accusations fondées sur la « mémoire refoulée », et notamment le « cas Ramona ». Holly Ramona est une jeune fille de 18 ans qui, au cours d’une psychothérapie, accusa son père devant les tribunaux de l’avoir violée pendant plus de dix ans. Ce cas, pour lequel Elizabeth Loftus fut citée comme témoin, devint exemplaire des faux souvenirs retrouvés en thérapie, car le père, (vigneron réputé en Californie), retourna l’accusation contre la thérapeute, et gagna son procès.

Regard sur deux paradigmes de la mémoire
Elizabeth Loftus expose ensuite deux paradigmes de la mémoire sur lesquels elle a travaillé.

Le premier paradigme est celui de la désinformation (« Misinformation Paradigm »).

C’est le cas lorsqu’on expose les gens à une information fausse post-événementielle. Pour illustrer ce paradigme, Elizabeth Loftus se livre à une expérience en temps réel avec l’auditoire. Dans un premier temps, elle présente une succession de 9 photos de visages masculins. Dans un deuxième temps, elle présente à nouveau des visages en demandant à l’auditoire de dire si oui ou non ces visages ont été présentés auparavant. Une des photos a été modifiée par superposition d’un visage précédent et d’une expression nouvelle. 50% de l’auditoire ont prétendu reconnaître ce visage, alors qu’il a été modifié. Elle démontre ainsi combien il est facile de générer un faux souvenir, en faisant une simple manipulation sur les visages présentés.

Le deuxième paradigme est celui des « faux souvenirs enrichis » (« Rich False Memories » ou encore « souvenirs autobiographiques vrais dans lesquels on a introduit des souvenirs faux, certains vraisemblables, d’autres invraisemblables »).

Alors qu’aucun évènement ne s’est produit, le sujet testé est soumis à une suggestion concernant son passé. L’expérimentation est beaucoup plus difficile. En effet, induire des faux souvenirs concernant notamment un abus sexuel est contraire à l’éthique de la recherche, parce que pouvant porter préjudice à autrui. Elizabeth Loftus a donc cherché d’autres façons de valider ce paradigme. L’expérimentateur recueille auprès de la famille le récit des évènements véridiques, qui se sont réellement produits dans l’enfance du sujet, puis y ajoute un évènement inventé, et lui raconte l’ensemble de l’histoire ainsi enrichie. Lorsque, plusieurs mois plus tard, on leur demande de raconter leurs souvenirs, 34 % des sujets intègrent à leur récit l’évènement inventé. Ce sont les expériences telles que : « Perdu dans un centre commercial », « Avoir renversé un verre de punch sur la robe de la mariée », « Avoir été attaqué par un animal », « Avoir serré la main de Bugs Bunny lors d’une visite à Disneyland », alors que Bugs, le lapin facétieux, (« Eh, what’s up, doc ? »), est un personnage du concurrent Warner Brothers et qu’il est donc peu probable de le croiser sur le site de Disney ! Mais plus de 60 % des personnes testées se rappellent ainsi avoir serré la main de Bugs Bunny à Disneyland, 50 %, l’avoir serré dans leurs bras, 69% lui avoir touché l’oreille, et un seul l’avoir vu tenir une carotte. L’expérience : « Avoir été léché par Pluto » ne manque pas non plus de sel. Après avoir nié l’évènement au départ, 30% affirment en avoir le souvenir et refusent d’acheter les gadgets à l’effigie de Pluto ! Les souvenirs peuvent être encore plus facilement déformés à l’aide de représentations visuelles, telles que les images. Notamment dans l’expérience Wade-Gary, on insère une photo du sujet enfant avec un membre de sa famille dans celle d’une montgolfière en vol. Par la suite, la moitié des sujets sont persuadés d’avoir fait ce vol en ballon et racontent ce « souvenir » avec quantité de détails. Plus incroyable encore, Elizabeth Loftus réussit à persuader 13% des sujets d’« avoir fait une demande en mariage à un distributeur de Pepsi Cola, en s’agenouillant devant lui » !

Des formes de manipulation qui favorisent les faux souvenirs
Elizabeth Loftus cite ensuite les techniques de manipulation qui favorisent les faux souvenirs : visualisation guidée, interprétation des rêves, exposition aux récits de souvenirs des autres, information erronée et photographies truquées. Elle souligne que nous utilisons les détails sensoriels comme des indices de la réalité des souvenirs. Nous croyons ainsi que plus nos souvenirs comportent de détails sensoriels forts et plus ils sont vrais, alors même qu’ils peuvent être inventés.

Elizabeth Loftus s’est engagée scientifiquement contre les faux souvenirs d’abus sexuels induits par les psychothérapies de la mémoire retrouvée, et contre les thérapeutes qui conduisent des enfants adultes à accuser leurs parents des pires sévices, après avoir retrouvé des « souvenirs enfouis ». Elle a pris une part prépondérante dans ce qu’on appelle la « guerre des souvenirs ». Elle fut obligée de quitter l’Université de Washington en raison de la polémique autour de ses travaux. Il y a plus de dix ans, elle a publié The Myth of Repressed Memory, false memories and allegations of sexual abuse (1994). Aujourd’hui, elle continue ses recherches en revendiquant le qualificatif de sceptique et dit : « Mon travail qui consiste à étudier la mémoire a fait de moi une sceptique ».

* * *
Élizabeth Loftus présente ensuite ses travaux sur les conséquences des faux souvenirs dans la vie courante. Par exemple, elle raconte comment elle a réussi à tromper Alan Alda, animateur de Scientific American Frontiers, en lui faisant croire qu’il n’aimait pas manger des œufs durs, parce qu’il en avait trop mangé dans son enfance, et en était tombé malade. Alda avait reçu une semaine avant son arrivée à l’UCI un résumé de son histoire personnelle dans lequel on avait intégré cette anecdote. Pendant le lunch avec les membres du laboratoire de Loftus, Alda a refusé de manger des œufs durs, scène qui a été filmée et diffusée devant des millions de téléspectateurs !

Suggérer de faux souvenirs pour aider à mieux vivre pourrait-il être légitime ?
Élizabeth Loftus se demande alors s’il serait légitime d’utiliser la suggestion de faux souvenirs dans le domaine de la vie courante, tels que le mode d’alimentation, la consommation d’aliments gras, la consommation d’alcool, etc., qui sont à l’origine de l’obésité ou d’addictions. Elle cite l’une des dernières expériences menée en 2008 avec Cara Laney et son équipe, « Asparagus, a love story » (les asperges, une histoire d’amour), ou comment s’alimenter mieux grâce à un faux souvenir. Les enfants détestent souvent le goût de certains aliments tels que les choux de Bruxelles ou les asperges. En persuadant les étudiants testés qu’ils adoraient les asperges dans leur enfance contrairement à ce qu’ils avaient prétendu au départ, l’expérience leur a donné non seulement le goût pour les asperges mais encore l’envie d’en manger le plus souvent possible et même de les payer beaucoup plus cher à l’épicerie !

Élizabeth Loftus pose la question de savoir s’il est plus contraire à l’éthique d’utiliser ces techniques par exemple pour aider des enfants obèses à acquérir la maîtrise de leur alimentation, que de leur raconter l’histoire du Père Noël ou de la Fée des dents (chez nous c’est la petite souris) ?

Au fil de l’exposé d’Elizabeth Loftus, on ressent que la fragilité de la mémoire humaine et sa perméabilité à la manipulation mises en évidence par ses travaux pourraient, si nous ne sommes pas très vigilants, nous mener vers une société telle que l’a décrite Georges Orwell dans 1984 : celle d’une humanité facilement conditionnable et manipulable, à qui l’on aura greffé de nouveaux souvenirs et une nouvelle mémoire.

* * *
En fin de compte, pourquoi les expériences d’Elizabeth Loftus sur la fausse mémoire marchent-elles aussi bien ? Il semble que ce soit parce qu’une majorité des individus est convaincue que les évènements de l’enfance, qu’ils soient réels ou imaginaires, conditionnent inexorablement toute la vie de l’adulte.

Un seul regret toutefois : Elizabeth Loftus n’a malheureusement pas pu apporter de réponse rassurante à notre question de savoir s’il existe des travaux pour déconditionner quelqu’un qui a été manipulé pour générer des faux souvenirs. Pourtant dans le cas des faux souvenirs induits par une thérapie, savoir comment une personne peut parvenir à en sortir et pourquoi certains en sortent d’eux-mêmes alors que la majorité n’en sort jamais, serait précieux. Il existe en effet aux États-Unis des patients appelés « retractors » qui, après être sortis de leur thérapie, prennent conscience d’avoir été manipulés, reviennent sur leurs accusations, écrivent leur histoire et même parfois font un procès à leur thérapeute. C’est le cas par exemple de Sheri Storm (Cerveau &Psycho, n°27, mai-juin 2008). Mais quel est le processus mental qui a provoqué cette prise de conscience ?

À l’issue de la conférence, j’ai eu un bref entretien avec Elizabeth Loftus au cours duquel je lui ai parlé de l’extension du phénomène des faux souvenirs retrouvés en thérapie en France, et je l’ai remerciée pour son travail. Entretien complété quelques jours plus tard, voir ici.

B. A.
Les enregistrements (vidéo et audio) de cette conférence sont accessibles sur le site www.unige.ch.


http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1230


_________________
NEMROD34 S.A.R.L de démolition minutieuse de foutaises.
Siret : 123456789
Capital: 3 millions de brouzoufs
Certifié sans chat (iso 21122012).

NEMROD34


Modération
Modération
Quelques liens:
Sommeil et faux souvenirs
Des souvenirs d’images inexistantes ?
Images truquées et faux souvenirs.
Faux souvenirs : centraux ou périphériques ?


_________________
NEMROD34 S.A.R.L de démolition minutieuse de foutaises.
Siret : 123456789
Capital: 3 millions de brouzoufs
Certifié sans chat (iso 21122012).

Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum